[Poème] Fées fatales

Petite pause dans la présentation des fées emblématiques du Moyen Âge avec  un poème datant du XIXe siècle, portant sur ces fameuses fées fatales. Il est signé Jean Lorrain.

Leurs yeux troublants d’aigue-marine
Ont le languide attrait des flots.
Les lys en feu de leur poitrine
Sèment la guerre et les sanglots.

Leur lèvre est rouge et leurs fronts pâles ;
Et, sous le hennin couleur ciel,
Leurs cheveux roux, semés d’opales,
Bondissent en flots d’hydromel.

Les Héroïnes sont farouches.
Il faut des meurtres et des morts
Pour atteindre au miel de leurs bouches.
Leurs lents baisers sont des remords.

Les batailles, les épopées,
Les trahisons, les vains serments,
Mieux qu’au clair fracas des épées,
Revivent dans leurs noms charmants.

Mélusine, Yseulte, Genèvre,
Triste comme un appel de cor,
Leur nom baise et meurtrit la lèvre…
Qui l’a dit le redit encor ;
[…] La tunique entr’ouverte aux hanches,
L’or des cheveux en fusion,
Les sveltes reines aux mains blanches
Surgissent, lente vision.

La clarté du songe les baigne,
Allumant en humide éclair
Les perles rondes de leur peigne
Et les tons nacrés de leur chair ;

Et, dans les feuilles trilobées
Des chardons bleus et des lys d’or,
Des reines au temps dérobées

J. Lorrain, « Les Héroïnes », L’Ombre ardente.

Publicités
Cet article, publié dans Moyen Âge, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s