La fée Viviane

La séduction de Merlin d’Edward Burne-Jones

Si Viviane est avant tout connue comme la fée qui élève Lancelot, la fameuse « Dame du Lac », qui va faire de l’orphelin un héros, elle est un personnage très complexe.
Viviane-Dame du Lac, dans le fameux Lancelot du Lac, roman du XIIIe siècle, présente une version rassurante de la fée. Non seulement elle possède toutes les qualités de la mère accomplie, mais de plus elle défend les valeurs chevaleresques, et n’est pas une menace de l’ordre féodal. Si Viviane a enlevé Lancelot, ce n’est en aucun cas pour le garder à ses côtés, mais pour faire de lui le héros dont a besoin le royaume. Ainsi, une fois son œuvre achevée, elle le conduira elle-même à la cour quand il aura atteint l’âge d’être adoubé.

Là où tout se complique, c’est que l’auteur de Lancelot du Lac, lorsqu’il présente le personnage de Viviane (aussi nommée Ninienne), l’associe à Merlin l’enchanteur à qui elle a volé ses pouvoirs. Viviane, la rassurante fée nourricière, n’est donc autre que la fée arracheuse de charmes, celle qui enchanta l’enchanteur, lui déroba ses pouvoirs et l’enferma dans des cercles d’aubépine pour le posséder à jamais.

Le personnage de Viviane tel qu’il est présenté dans Lancelot du Lacrésulte du mélange de deux personnages distincts : la fée « morganienne », qui use de ses pouvoirs garder Merlin dans son monde féerique, et la Viviane associée à la figure mythologique de Diane, la chasseresse, obsédée par la pureté et la virginité.

Ces multiples facettes qui composent le personnage de la fée Viviane font d’elle une figure complexe. Le rôle de mère nourricière et apaisante qu’elle joue auprès de Lancelot, sa mission assumée de le former en vue de faire de lui un héros défenseur de l’ordre chevaleresque l’oppose encore une fois à toute assimilation avec une image de fée ravisseuse d’homme ou voleuse d’enfants. La fortune du personnage de Viviane verra ainsi, selon les auteurs et les époques, développé tel ou tel aspect de cette personnalité féerique, tout en gardant une prédilection pour le rapport de cette femme surnaturelle au savoir.

Si Viviane, comme de nombreuses fées, est liée à l’élément aquatique, sa demeure possède des particularités qui en ont fait un lieu très célèbre dans la mémoire collective. On en trouve la description dans le Lancelot du Lac.
« Le lac, dans lequel elle avait sauté avec lui, lorsqu’elle l’avait emporté, n’était que d’enchantement. Il était au pied d’une colline bien moins haute que celle où le roi Ban était mort. À l’endroit où il semblait qu’il y eût un grand lac profond, la dame avait des maisons fort belles et fort riches, et au-dessous d’elles coulait une rivière petite, très plantureuse en poissons. Et cette habitation était si bien cachée que personne ne pouvait la trouver ; car l’apparence du lac la protégeait de telle manière que l’on ne pouvait pas la voir. »

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