Le Moyen Âge

Après les fées marraines, intéressons-nous à l’époque qui les a vu naître… D’autres figures emblématiques ont également fait peur apparition à cette période.

Après une naissance placée sous le signe du contraste dans la mythologie et dans les écrits des auteurs de l’Antiquité, le personnage de la fée grandit à l’oral, dans des récits qui se susurrent et se transmettent au fil des siècles à l’échelle des régions. Les fées commencent à faire partie d’un patrimoine légendaire, sont vues comme des esprits de la nature, parfois même regardées comme de véritables divinités, en particulier dans l’imaginaire celtique. C’est au Moyen Âge que ces enchanteresses font leur grande entrée en littérature et que vont commencer à se fixer les contours de leur identité. Le Moyen Âge voit venir l’avènement de Mélusine, Morgane et Viviane, une triade dont la fortune ne cessera de s’affirmer dans les siècles à venir. En plus des fées amantes, se fixe parallèlement l’archétype de la fée marraine, bonne ou mauvaise. Récits brefs, romans, pièces pour le théâtre, vers, prose… Les fées s’incarnent à travers tout l’éventail des genres et des formes d’expression.

Ces figures puissantes, qui attirent ou effraient, connaîtront gloire mais aussi persécution : le christianisme va petit à petit entrer en guerre contre ces créatures qui sont perçues comme des survivances païennes. Comment croire à la Vierge Marie quand on croit aux fées ? Ces divinités de la nature doivent disparaître ou bien se convertir ! C’est ainsi que l’on assiste dans certains écrits à une véritable tentative de christianisation des fées, à l’image du Merlin de Robert de Boron, ou même dans le Mélusine de Jean d’Arras où l’héroïne féerique se réclame de Dieu : « je te certifie que je participe du monde de Dieu », déclare la belle à Raymondin, le chevalier qu’elle épousera.

Au moment où elles s’introduisent à l’écrit, les fées posent question sur bien des plans : c’est, pour reprendre l’expression de Georges Duby, dans un « mâle Moyen Âge » que se dessine un personnage féminin de grand pouvoir, capable de décider du destin de chaque homme et de remettre en cause les fonctions et rôles masculins au sein de la société féodale.

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