Alcine désenchantée

Si la puissance d’Alcine est immense, elle connaît cependant un antidote : un anneau magique qui a le pouvoir d’ôter le voile des apparences. Lorsque cet anneau est utilisé contre Alcine, sa véritable nature est mise à jour : sa beauté trompeuse s’évapore pour révéler un visage traditionnellement associé au personnage de la sorcière : « une femme si laide, qu’il n’y en avait pas une sur terre aussi vieille et aussi difforme. Alcine avait le visage pâle, ridé, maigre ; les cheveux blancs et rares. Sa taille n’atteignait pas six palmes. Toutes les dents de sa bouche étaient tombées ». Mais l’intervention de l’anneau a aussi pour effet de révéler la profonde humanité d’Alcine. L’altière et arrogante fée, qui a perdu à cette occasion l’homme qu’elle aimait, se meut en femme désespérée, « comme morte, vaincue de douleur », victime à son tour des tourments de la passion. La voici, héroïne tragique, qui déchire ses vêtements, se frappe le visage, autant de gestes universels qui disent la femme en folie.

L’héroïne féerique est condamnée à un martyre sans fin : privée du recours à la pitié d’une Clotho ou à celui du suicide, Alcine connaît l’enfer d’une souffrance éternelle car, comme le précise le narrateur, « les fées ne peuvent jamais mourir ».

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