La période elisabéthaine

 

Dans la seconde partie du XVIe siècle, en Angleterre, paraissent plusieurs œuvres majeures comportant des fées. La première source d’inspiration des auteurs est Elisabeth I en personne, The Queen. Dernière représentante de la dynastie des Tudor, à la tête d’un empire Britannique en état de grâce qui domine alors le monde entier à force de conquêtes maritimes, la reine met au ban le catholicisme au profit du dogme anglican en 1560. Les mœurs se relâchent. Dans les couches privilégiées et surtout à la cour, les plaisirs de la vie sont légions : sports, fêtes, libertinage… On note même, à l’époque, une augmentation sensible des adultères et des naissances illégitimes… Cette relative insouciance est accompagnée, fait classique, d’une croissance économique assurée par l’essor des mines de houilles, de fer, ainsi que par l’arrivée en masse des métaux précieux d’Amérique du sud, (en plus de ceux chipés par le corsaire Francis Drake aux espagnols…).

C’est à la toute fin de cette époque phare que Shakespeare écrit Le songe d’une nuit d’été, qui est représenté dans un temps charnière (1604) entre la mort d’Elisabeth et la prise du pouvoir par Jacques 1er.. Le successeur de la reine instaure en effet un système de gouvernement davantage autoritaire avec un code moral plus strict. Les fées de la pièce apparaissent alors comme les derniers vestiges d’une vie de cour légère et fastueuse, menacée par la vague puritaine du nouveau roi.

L’intrigue se déroule en Grèce, où deux couples de jeunes amants issus de la cour et dont les projets sont contrariés se réfugient dans la forêt, le lieu de tous les possibles. Hermia veut se marier à Lysandre, mais son père, le roi Égée, souhaite l’unir avec Démétrius, dont est amoureuse Hélèna. Pendant ce temps, Obéron, roi des fées, tente de domestiquer sa reine de femme, Titania, et décide d’utiliser une potion magique pour la remettre dans le droit chemin. En somme, une jolie désorganisation, libertine et coquine à souhait, qui inspira par la suite des litanies d’auteurs.

La période élisabéthaine est aussi marquée par la Reine des Fées d’Edmund Spenser, qui partage avec l’œuvre de Shakespeare sa source d’inspiration, Elisabeth, dont il présente un versant beaucoup moins léger.

Publicités
Cet article, publié dans XVIe siècle, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s